SAMEDI 4 SEPTEMBRE 2010
Silence, Montréalais !
  • 21h20

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dimanche 5 septembre 2010 Dernière mise à jour 23h51

Libre opinion – Silence, Montréalais !

Renaud Plante – Montréal 3 septembre 2010 Montréal
L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal vient tout juste d’adopter des modifications à son Règlement sur le bruit afin de régler une situation prétendument criante. En effet, selon les autorités politiques et le service policier du quartier, le péril est tel qu’on craint l’exode des résidants du Plateau. C’est probablement pour cette raison qu’à l’article 9 dudit règlement, on interdit «le bruit de cris, de clameurs, de chants»! Chuchotez, vous êtes sur un terrain privé.

Simple mise en garde avant la suite du propos, il n’est pas question ici de ridiculiser l’objectif de la diminution du bruit en milieu urbain. La lutte contre la pollution sonore est effectivement une préoccupation digne de notre attention. Il s’agit plutôt de dénoncer la méthode utilisée dans ce dossier comme dans d’autres par les élus municipaux de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Le Plateau-Mont-Royal, au même titre que Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et que Rosemont-La Petite-Patrie, s’inscrit dans un milieu social qui dépasse ses limites administratives. Ils sont d’abord et avant tout parties intégrantes de la réalité sociale plus grande qu’est la ville de Montréal. À ce titre, ils ont la responsabilité de voir à la livraison des services de proximité au sein de leur arrondissement tout en gardant à l’esprit la cohésion nécessaire à une grande ville comme Montréal.

Voilà cependant que le Plateau-Mont-Royal, par la voix de ses élus, a déclaré la chasse aux Montréalais. Interpellé sur ce nouveau règlement sur le bruit par un Rosemontois, Carl Boileau, conseiller municipal du district de De Lorimier, répond que ce dernier a «tout faux de prétendre que les quartiers appartiennent davantage aux visiteurs qu’aux résidants». Mais attention! Ici, le mot «visiteur» réfère aux Montréalais ne résidant pas sur le Plateau. Imaginez l’arrogance. Nous voilà donc de simples visiteurs dans notre propre ville.

Le Plateau-Mont-Royal est certes un milieu de vie, mais il en est un pour tous les Montréalais sans exception. On habite Montréal, on aime Montréal pour la richesse que chaque artère apporte, pour les expériences diversifiées et éclectiques qu’on peut y vivre. Résumer Montréal à une série de quartiers mis côte à côte revient à tuer l’esprit même qui se dégage de notre métropole.

Le maire de l’arrondissement, Luc Ferrandez, commentait la situation de la manière suivante: «La complexité et le charme du Plateau tiennent à sa mixité et les propriétaires de bars et de restaurants ne devraient pas cannibaliser les caractéristiques d’un quartier qui les attire initialement en poussant ses résidants à le fuir. [...]» C’est tout le contraire, M. Ferrandez. Les bars et les restaurants pullulent sur le Plateau depuis des décennies. La plupart des résidants du Plateau s’y sont installés par choix au cours de cette période afin de se rapprocher de ce milieu vibrant et stimulant. Ils sont ceux qui ne devraient pas cannibaliser les caractéristiques d’un quartier qui les a attirés initialement.

Souvent animés de bonnes intentions, les élus de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal semblent régulièrement omettre volontairement la donne montréalaise lors de leurs actions. Ils sont pourtant, en tant que membres du conseil municipal de Montréal, responsables de la gouverne de l’entière métropole.

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Renaud Plante – Montréal