MARDI 2 SEPTEMBRE 2014
BAR EN TRANS présente: LAETITIA SHERIFF  +THE FEATHER

Contrairement au patronyme qu'elle s'est choisi, Lætitia Shériff n'est pas du genre à (faire) respecter la loi. Elle serait même plutôt de ceux qui la transgressent avec gourmandise, comme en atteste la liste de ses collaborateurs par le passé, tous des vandales de la bien-pensance musicale (l'immense saxophoniste de jazz François Jeanneau, la diva punk Lydia Lunch, le producteur de musiques électroniques Robert Le Magnifique, l'expérimentateur Noël Akchoté ou encore le guitariste polymorphe Olivier Mellano...).

En dix ans, sans aucun plan de carrière réfléchi à l'avance, la chanteuse/bassiste a su laisser son empreinte indélébile sur une poignée de disques exigeants, sous son nom ou bien sous un autre (Trunks), mais également dans des BO de documentaires, au cinéma, au théâtre ou dans des spectacles de danse. Néanmoins la véritable performance de Lætitia Shériff, c'est de réussir à justement canaliser cette soif de liberté, à formater son audace formelle. Son dernier disque, « Pandemonium Solace and Stars », est ainsi une petite merveille de rage lumineuse, de désespoir fertile, qui l'autorise désormais à marcher dans les pas d'illustres ainés comme Scott Walker, Neil Young ou Nick Cave.

Bien sûr, dans sa discothèque personnelle, on imagine que les disques de Sonic Youth, Dominique A ou The Breeders tiennent également une place de choix. Elle en partage les obsessions en tout cas. Et l'art de la mélodie sournoise, comme par exemple celle du refrain de « The Living Dead » qui vous poursuit toute la journée. Epaulée par son vieil ami Thomas Poli (guitariste de Montgomery et collaborateur de Dominique A), le batteur Nicolas Courret (Eiffel) ainsi que la violoniste Carla Pallone (Mansfield.Tya) invitée sur trois titres, Lætitia Shériff voyage ici entre la « Daydream Nation » de Sonic Youth et le « Hips And Makers » de Kristin Hersh, quand le son clair des guitares voudrait ignorer encore un instant le grondement inquiétant de la basse. Mais qu'elle vous attrape par le colback et vous crache son « Wash » au visage ou qu'elle vous bouleverse par l'intensité de son « A Beautiful Rage II », la Shériff vous remue toujours de l'intérieur. Parce qu'au grain de sa voix, au son de ce disque équilibriste, on sent qu'elle ne triche pas. Qu'elle ne peut pas. « It sounds like Love » susurre la belle à la fin du « Far & Wide » tout en suspension qui clôture cet album. Il y a de ça effectivement.

Sur scène : Lætitia Shériff : Basse / Voix Thomas Poli : Guitare Nicolas Courret : Batterie

Nouveau venu sur la scène belge, The Feather est le side-project de Thomas Medard, chanteur/guitariste du groupe Dan San. Avec son premier opus, Invisible, Thomas livre sur 12 titres le fruit d'un long travail de composition et d'enregistrement. Son univers cinématographique est à la croisée des chemins déjà arpentés par la pop onirique de Departement of Eagles, Syd Matters ou par la musique instrumentale et visuelle des BO de Tim Burton. La musique qui en résulte, rêveuse et mélancolique, fait de ce premier essai un album diversifié où l'auditeur est convié à un doux voyage émotionnel.

Pour ce disque, Thomas a poussé à l'extrême le concept de « projet solo » et l'a réalisé de A à Z. Il y joue tous les instruments (guitares en tous genres, piano, synthés, basse, clarinette, glock, percussions,...) et l'a entièrement produit, enregistré et mixé en transformant le grenier de sa maison en home studio. Ce grenier est devenu un véritable laboratoire sonore dans lequel le temps s'est arrêté pour ce jeune musicien hyper-productif. C'est enfin au Studio 5 (MLCD, Roscoe, Dan San,...) avec l'aide de Raphaël Wynands que la couche de vernis finale a été donnée.

Passionné autant par la musique que par le graphisme, il a également tenu à réaliser l'univers visuel qui entoure l'album. Invisible a pris son envol en septembre 2013. Choix coup de cœur 2014 du Dour Festival pour la Fédération de Concert, le groupe prend la direction des grands festivals d’été (Dour, Les Nuits Botanique, Les Ardentes, Les Francofolies, la Canadian Music Week, les 3 éléphants (Laval – France), Le FME (Québec),...).

Sur scène : Thomas Médard : Guitare/Voix Elise Dutrieux : Piano / Voix Maxime Lhussier : Guitare/Voix Xavier Guinotte : Basse / Voix Simon Fontaine : Batterie Benoit Huvelle : Vibraphone / Glock / percussion